Comment trouver des commanditaires en 2019

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour trouver des commanditaires en 2019 (et les garder).

En 2019, un pilote doit être en forme, talentueux ou travailler inlassablement la technique, et il doit bien s’alimenter. Mais ce n’est pas tout, un pilote doit aussi communiquer, et se vendre pour obtenir des commandites.

On ne va pas se le cacher, c’était mieux avant. Dans les années 90, les vendeurs de cigarettes n’avaient pas le droit de faire de publicité, sauf du sponsoring de sports motorisés. Imagine comment les pilotes en ont profité ! Maintenant c’est fini, mais au moins, on n’a plus à faire la promotion du tabac.

Ce qui a beaucoup changé, c’est la communication. Avant, le journal de Montréal ou la chaîne de télé RDS retransmettaient les courses (Merci l’équipe de Félix Trépanier et Olivier Corbeil qui nous faisaient vivre ça de l’intérieur). Les commanditaires payaient pour espérer voir leur marque à la télé ou sur le journal.

A part quelques exceptions comme Télémag ou Martin Horik, c’est fini tout ça baby.

Il faut s’adapter. Soyons positifs. Les médias sociaux ont remplacé le papier et la télévision. Avant le pilote devait attendre que les journalistes parlent de lui ou publient ses photos. Maintenant il est son propre communicateur.

Pour trouver un commanditaire, tournez-vous vers les marques d’accessoires, de produits que vous utilisez, votre concessionnaire. Mais n’attendez pas des miracles. Ils sont très sollicités, et certains pilotes avant vous ont juste pris des avantages sans renvoyer l’ascenseur. Vous devrez rebâtir la confiance.

Vous pouvez obtenir des rabais compétition. N’hésitez pas à solliciter les commerces locaux, votre communauté, des sociétés extérieures.

Les supports : La moto (ou le quad) est un support. Une place est réservée pour chaque sponsor.

Pourquoi ne pas proposer différentes tailles de logos selon l’implication ?

La remorque et le chandail sont aussi des emplacements de choix. Plusieurs créateurs de kits graphiques peuvent vous faire un look unique, avec les logos de vos sponsors.
Faites une présentation couleur de votre dossier de commandite, avec vos coordonnées, des photos statiques et dynamiques, votre palmarès de course. Le championnat que vous voulez faire. Vos objectifs. La marque du véhicule et des partenaires déjà existants. Et votre plan de communication : les supports, les modes de communication : Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter, Tumblr, un blogue, le journal local, Pinterest, alouette. Bref, ce que vous avez prévu.

Pour la présentation, utilisez Photoshop (payant), Canva, gratuit, et pourquoi pas Word (suite Microsoft) ou Open Office (gratuit) que vous téléchargerez en PDF.
Des graphistes peuvent également réaliser cela de manière professionnelle.

C’est mieux de connaître le nom du responsable des commandites.

Téléphonez à l’entreprise visée et demandez son nom et ses coordonnées. Si vous êtes sur un circuit pour une compétition, essayez de rentrer en contact. Les directeurs de communication d’accessoires, équipements ou motos peuvent être là. Faites votre enquête auprès du promoteur et du propriétaire de la piste.
Ce qui va faire la différence, ce sont les publications que vous allez écrire, et l’intérêt mesurable de votre groupe.
Comment communiquer ? Quoi qu’on en dise, Facebook reste une plateforme importante. Vous pouvez créer un compte Twitter et le lier avec Facebook. Chaque parution Facebook sera automatiquement publiée sur Twitter.
Pour les photos dans vos publications, privilégiez 1200 x 1200 pixels ou 1200 x 630. Instagram préfère les photos carrées 1080 x 1080, 1080 x 1350 ou 1080 x 566 pixels.

Vous ne pouvez pas publier automatiquement Facebook et Instagram (à moins d’utiliser des applications payantes, comme Social Sprout), mais vous pouvez lier des publicités à partir de Facebook.

Vous avez une page Facebook personnelle ? Parfait ! Créez une page « Figure locale ou publique » catégorie Athlète.
Invitez vos amis de votre page Facebook personnelle à aimer votre page professionnelle. Commencez à poster des publications. Quand des personnes aiment une publication, demandez- leurs d’aimer la page. C’est le nombre de j’aime sur la page et sur les publications qui va établir votre valeur auprès de vos sponsors.
Chérie, maman, mécano peuvent être nommés coéditeurs et poster des informations sur la page pro.

Vous devenez un influenceur. Cela implique d’être politiquement correct sur votre page personnelle et votre page privée.

Quoi écrire ?

Avant la course : dites où vous allez, dans quelle classe vous courez. Parlez des préparatifs. Intégrez les équipements et accessoires que vous utilisez. Dites quel est votre objectif de course.

La ou les photos sont importantes sur Facebook. Écrivez le plus important sur les 140 premiers caractères (pour Twitter), puis vous pouvez développer du texte. Sur Instagram, la photo est essentielle. Le texte doit être raccourci au maximum.

Après la course, expliquez comment ça s’est passé. Le départ, les accrochages, les gains, les chutes, les bagarres. Vous êtes arrivé 18ème ? Si vous faites vibrer votre lecteur, il va aimer pareil.

Remerciez les commanditaires, avec un hashtag, ou avec un lien sur leur page Facebook.

Nommez les amis qui vous ont aidé, la publication sera visible sur leur page personnelle (assurez-vous qu’ils sont d’accord).

Pour les photos, citez le nom du photographe. Ne coupez pas son logo. Certains photographes se rendent à toutes les courses. Pour un prix raisonnable ils pourront vous fournir des photos papiers ou numériques de haute qualité. Allez leur dire bonjour. Ils ont un gilet jaune mais ne manifestent pas. Donnez-leur votre numéro de course. S’ils vous trouvent sympa, ils feront plus de photos.

De temps en temps, écrivez une publication pour remercier un commanditaire. Faites un lien sur son site internet.

L’intérêt de la page professionnelle par rapport au compte personnel Facebook, c’est que vous avez les statistiques de vues.
Faites des copies d’écran régulièrement. Envoyez les statistiques de vues à vos commanditaires, si elles ont du sens. Les vues sur leur marque, c’est pour cela qu’ils font de la commandite.

Ces vues sont organiques, c’est-à-dire qu’elles sont « gratuites ». Facebook utilise un algorithme. Même si vous avez 5000 amis FB, votre message ne se rendra pas à tous. Pourquoi ? parce que Facebook a besoin d’argent pour vivre. Si vous voulez plus de vues. Il faut faire de la publicité.
Vous pouvez commencer avec 15 à 30 dollars pour une publication. Vous boostez une publication de votre mur, ou vous allez dans le Business Facebook. Choisissez votre audience, 15 à 65 ans par exemple, et des centres d’intérêts, comme motocross, sports mécaniques.

Évitez ceux qui n’aiment que les petits chats ou le scrapbooking.

Prenez une durée de 3 à 7 jours de visibilité. Vous allez avoir des vues supplémentaires dont il faut se servir auprès de vos commanditaires pour leur demander plus.
Publicisez des images dynamiques, avec la vue sur les marques, des essais d’accessoires…

Si vous voulez faire une newsletter, n’envoyez pas de votre courriel si vous avez plus de 50 adresses. Utilisez Mailchimp ou Cyberimpact, gratuits pour le début.
Pour les promoteurs aussi les temps ont changé. C’est à eux de faire l’information. Ils le font correctement pour annoncer l’événement, mais moins pour les résultats.
Pourtant c’est très important. Il faut connaître les pilotes, ce sont eux les acteurs, qui donnent envie aux spectateurs de se tenir au courant. C’est grâce à la victoire de Gilles Villeneuve en 1978 en F1 à Montréal que la Formule 1 est devenue populaire au Canada.

J’aime bien les efforts de la FMSQ avec Isa More pour faire un texte et donner les résultats le soir ou en tout début de semaine.

Car pour certains, les résultats se limitent à la liste donnée par les transpondeurs, ou à la liste de l’équipe, sans le nom des coéquipiers, comme c’est arrivé parfois aux 12 Heures d’endurance de la Tuque.
Les commanditaires veulent des résultats mesurables, ils ont besoin d’influenceurs.
Gentlemen start your engine ! (Mesdemoiselles et mesdames aussi).

Par François Cominardi
Photo : Brigade Web